[Soutenance de thèse] 11/04/2025 – Marianne Avignon : « Compréhension des mécanismes du dépérissement des vergers de kiwi en France et recherche de solutions de remédiation » (UMR EMMAH, équipe DISCOVE)
Marianne AVIGNON soutiendra sa thèse le 11 avril 2025 sur le thème : « Compréhension des mécanismes du dépérissement des vergers de kiwi en France et recherche de solutions de remédiation ».
Date et lieu
Soutenance prévue le vendredi 11 avril 2025 à 9h00
Lieu : INRAE OCCITANIE – Toulouse, 24 Chem. de Borde Rouge, 31320 Auzeville-Tolosane
Salle : Marc Ridet
Discipline
Sciences agronomiques
Laboratoire
UMR 1144 – EMMAH – Environnement Méditerranéen et Modélisation des AgroHydrosystèmes
Composition du jury de soutenance
M. YVAN CAPOWIEZ | UMR 1114 – INRAE EMMAH | Directeur de thèse |
Mme Safya MENASSERI-AUBRY | L’Institut Agro Rennes-Angers | Rapporteure |
M. Jay-Ram LAMICHHANE | INRAE Occitanie – UMR AGIR | Rapporteur |
Mme Sylvaine SIMON | INRAE UERI | Examinatrice |
M. Philippe TIXIER | CIRAD – UPR GECO | Examinateur |
Mme Joséphine PEIGNé | ISARA | Examinatrice |
Résumé
Le kiwi (Actinidia deliciosa) est une plante qui nécessite une grande quantité d’eau durant sa phase de croissance végétative. Cependant, elle est également extrêmement sensible aux conditions anaérobies, arrêtant très rapidement tout transfert de sève entre le système racinaire et le système aérien si le sol est saturé en eau. Cette saturation peut entraîner une détérioration rapide du système racinaire. En France, depuis 2019 on observe un dépérissement inquiétant dans les vergers du sud-ouest du pays. Les symptômes de ce dépérissement sont similaires à ceux observés en Nouvelle-Zélande après le passage du cyclone Bola à la fin des années 80, ainsi qu’à ceux constatés en Italie depuis une dizaine d’années. Il semblerait que le changement climatique, avec des épisodes de précipitations intenses, des inondations plus fréquentes, un manque d’heures de froid en hiver et plusieurs vagues de chaleur l’été, contribue à une augmentation des évènements saturants en automne, en hiver et printemps, et à davantage d’évapotranspiration l’été.
Cette évapotranspiration peut rapidement dépasser la capacité d’absorption d’un système racinaire déjà affaibli. Ce travail de thèse visait à comprendre les mécanismes de dépérissement dans les vergers français et à proposer des leviers d’actions à court et moyen terme afin de limiter le phénomène. Une enquête a d’abord été réalisée auprès d’une cinquantaine de producteurs afin d’étudier les liens entre les situations de production variées et le dépérissement observé dans leurs vergers. Au total, 56 parcelles/zones ont été étudiées en vallée de l’Adour et 38 en vallée de la Garonne. Les résultats ont montré que le dépérissement est fortement influencé par la structure du sol, étant presque 3 fois plus important sur des sols tassés que sur des sols aérés. Les évènements saturants, tels que les inondations, entraînent également un dépérissement plus important, surtout lorsqu’ils se produisent sur des sols tassés et de manière répétée. Les arbres d’une trentaine de vergers ont ensuite été classés selon leur état sanitaire, et les observations de terrain ont été comparées aux données fournies par des images satellitaires issues de la constellation Sentinel-2. Ces images sont constituées de pixels de résolution moyenne (10 x 10 m), regroupant dans chaque pixel plusieurs arbres. Les zones regroupant des arbres en bonne santé et celles avec des arbres morts ou absents ont été correctement identifiées, surtout lorsqu’elles font plus de 500 m². En revanche, les pixels contenant des informations mixtes, avec des arbres en bonne et en mauvaise santé, ont été plus difficiles à détecter.
Toutefois, l’ajout de données agronomiques, comme la texture du sol a permis d’améliorer la détection. L’utilisation de la télédétection pourrait aider les producteurs à adapter leurs pratiques culturales, notamment en matière d’irrigation, grâce à un suivi quasiment en temps réel de leurs parcelles. Enfin, nous avons testé trois leviers d’action dans quatre vergers aux contextes pédoclimatiques variés. Ces leviers – l’introduction de couverts végétaux, l’apport massif de matière organique et la décompaction avec un outil à dent – avaient pour objectif de réduire le tassement, d’améliorer la circulation de l’eau dans le sol et d’augmenter le nombre de racines fibreuses. Les couverts végétaux ont eu du mal à s’implanter en raison du manque de luminosité et de la concurrence des Graminées déjà présentes. En revanche, l’apport de compost a permis de diminuer la densité apparente du sol de 5% et d’améliorer la pénétrabilité du sol de 95% sur les 10 premiers centimètres. Il a également augmenté le réservoir utile de 20% sur les 5 premiers centimètres, la teneur en eau de 8% et l’abondance de vers de terre de 500%. La décompaction a réduit la conductivité de 5% jusqu’à 140 cm de profondeur. Ces effets court terme ont permis d’améliorer la qualité physique et biologique du sol, mais n’ont pas suffi pour freiner le dépérissement.
Mots-clés : Verger, Qualité physique des sols, Agroécologie, Télédétection, Cartographie des maladies
Mis à jour le 1 avril 2025