[Portrait] Emma Leone, doctorante en restauration écologique, phytoremédiation, écotoxicologie (IMBE EECAR)

Sur quoi vos recherches portent-elles ?

Mon projet de recherche se porte sur la restauration d’une partie de la plaine de Crau, marquée par l’héritage des brûlages de munitions datant de la Seconde Guerre mondiale. Je m’intéresse particulièrement aux solutions fondées sur la nature pour restaurer durablement cet environnement. L’accent est mis sur la phytostabilisation, avec l’utilisation d’une espèce végétale dominante et pseudo-métallophyte de la plaine de Crau : Brachypodium retusum. L’objectif est d’allier diagnostic environnemental et mécanismes naturels pour concilier réhabilitation et préservation de la biodiversité locale.

Quelle est votre actualité scientifique ?

Actuellement en deuxième année de doctorat, je suis pleinement investie dans la rédaction de mon premier article scientifique, issu de mes travaux de recherche. Sa soumission est prévue très prochainement. Cette étape marque une avancée importante dans mon parcours académique et s’inscrit dans la continuité de mes objectifs de valorisation scientifique.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans la recherche universitaire ?

J’ai choisi de m’orienter vers la recherche universitaire afin de pouvoir concilier recherche et enseignement. Grâce à mon contrat de monitorat, j’ai l’opportunité de transmettre mes connaissances tout en partageant ma passion pour la recherche avec les étudiants. Participer à leur formation et contribuer à éveiller leur curiosité scientifique constitue pour moi une source de motivation et de satisfaction particulièrement importante.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent faire de la recherche ?

Je dirais que la qualité la plus importante pour faire de la recherche est la motivation. La recherche demande de la curiosité, de la persévérance et la capacité d’accepter que tout ne fonctionne pas du premier coup. Il faut aimer se poser des questions et chercher à comprendre en profondeur. Si l’on est vraiment passionné par un sujet, alors l’investissement et les efforts viennent naturellement.

Quel objet ou quelle image de votre activité vous illustre le mieux ?

Cette photo montre Brachypodium retusum, l’espèce au cœur de ma thèse. Très tolérante à la sécheresse, au pâturage, au vent et véritable outil naturel ingénieux pour la contamination des sols par les métaux.


Le 9 avril 2026, Emma Leone animera un Midiscience sur le thème : « Une contamination ancrée dans le temps, 78 ans de pollution après le brulage de munition dans un espace naturel protégé », sur le campus Jean-Henri Fabre, amphi Agrosciences, de 13h à 14h.


L’UMR IMBE – équipe EECAR

Face à l’érosion de la biodiversité imputable aux changements globaux (usage des terres, climatiques, invasions biologiques, pollutions), l’équipe EECAR cherche à développer des approches permettant de poser des diagnostics de l’état de santé des écosystèmes, et produire des résultats originaux et des innovations pour la restauration écologique ou la gestion durable des patrimoines naturels et culturels, ainsi que d’en évaluer les effets et les perspectives juridiques.

L’équipe s’appuie d’une part, sur des approches écotoxicologiques (développement de biomarqueurs, en particulier) et chimiques (recherche de chimiomarqueurs) et, d’autre part, sur la caractérisation des populations et des communautés (végétation, invertébrés terrestres), afin d’identifier des bioindicateurs et de mieux cerner les relations entre biodiversité et fonctionnement des écosystèmes.

Les approches utilisées sont issues de l’écologie de la restauration, de l’ingénierie écologique, de l’agroécologie, du droit de la protection de la nature et de la chimie du patrimoine. Elles permettent à EECAR de contribuer à la conservation-restauration du patrimoine culturel, à la protection, la restauration et le ré-ensauvagement des socio-écosystèmes ainsi qu’à la mise en place d’une gestion durable des agroécosystèmes. L’équipe étudie de plus les instruments juridiques de prévention des atteintes aux milieux naturels ainsi que leurs régimes de réparation.

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