• Recherche,
  • Sciences Technologies Santé,

[Soutenance de thèse] Antoine Drouillard, "La qualité de la mangue (Mangifera indica) : une étude du continuum pré et post-récolte par analyse expérimentale et modélisation", CIRAD - HortSys, 06/12/2021

Publié le 16 novembre 2021 Mis à jour le 16 novembre 2021
Date(s) et lieu(x)
Le 06 décembre 2021
Complément date
13h30
Campus Jean-Henri Fabre (Agroparc), Avignon Université

Antoine Drouillard soutiendra sa thèse le 6 décembre 2021, à Avignon Université, sur le thème : "La qualité de la mangue (Mangifera indica) : une étude du continuum pré et post-récolte par analyse expérimentale et modélisation".

Discipline

Sciences agronomiques

Laboratoire

CIRAD - HortSys


Encadrement

  • Michel GENARD

  • Isabelle GRECHI

  • Mathieu LECHAUDEL

Composition du jury de soutenance

  • Gerhard BUCK-SORLIN

  • Christophe BUGAUD

  • Florence CHARLES

  • Michel GENARD

  • Isabelle GRECHI

  • Laurent URBAN
   

Résumé de la thèse


Cette thèse s’inscrit dans le cadre d’un projet initié au CIRAD en 2000 (Lechaudel et al. 2004, Nodey et al. 2014) pour l’amélioration de la qualité des mangues Cogshall produites à la Réunion. L’objectif principal de cette étude a été l’analyse des pratiques agronomiques et de conservations sur la qualité de la mangue tout au long du continuum entre le pré et le post-récolte afin d’identifier des leviers de contrôle disponibles pour améliorer la qualité des mangues Cogshall. Trois approches complémentaires ont été réalisées lors de ce travail.

La première approche a été une étude expérimentale centrée autour de l’évolution de la qualité des fruits en fonction des pratiques agronomiques (rapport feuilles/fruits), des dates de récolte et des conditions de conservation (température et temps de conservation). La qualité a été évaluée en utilisant des indicateurs de maturité (respiration et émissions d’éthylène), de qualité physique (poids frais, poids sec, couleur, etc.) et de qualité gustative (concentrations des sucres, acidité, etc.). Les résultats ont montré l’importance de la relation source-puits entre le fruit et le rameau sur la croissance. De plus, la qualité à la récolte détermine en grande partie la qualité potentielle des fruits en conservation. La récolte induit la maturation de tous les fruits récoltés. Les pratiques de conservation sont alors utilisées pour contrôler et optimiser cette maturation après la récolte. Les températures basses utilisées en chambre froide peuvent prolonger le temps de conservation des fruits et d’obtenir une bonne concentration des sucres avant d’atteindre la crise climactérique.

La deuxième approche a été construite pour étudier les variations des sucres dans les fruits au travers d’un modèle mécaniste. Ce modèle a été calibré en utilisant des données existantes (Lechaudel et al., 2005b ; Joas et al., 2009) et les données récoltées lors de l’approche expérimentale. Ce « modèle sucres » simule les variations des 4 sucres majeurs (amidon, sucrose, fructose et glucose) durant la croissance et la maturation sur l’arbre ainsi qu’en chambre froide. Cette approche a suggéré une forte importance, en pré-récolte, des métabolismes de synthèse de l’amidon et du saccharose. Alors qu’en post-récolte, les flux les plus important seraient ceux responsable de la synthèse du saccharose, de la dégradation de l’amidon ainsi que le flux représentant transformation des molécules de glucose en molécules de fructose.

La troisième approche a utilisé un modèle « mangue virtuelle » pour identifier des pratiques agronomiques et de conservation potentiellement avantageuse pour améliorer la qualité des fruits. Tous les modèles développés pour le modèle « sucres » ont été ajouté aux modèles de croissances existants (Lechaudel et al., 2005a, 2007). Ce couplage de modèle a été ensuite adapté pour estimer la perte en masse des fruits lors de la phase de conservation. Le modèle « mangue virtuelle » a été utilisé pour simuler les évolutions de la qualité (poids frais, taux de matière sèche et sucrosité) en fonction de multiples scénarios possibles de pratiques culturales et de conditions de conservation. Ces simulations appuient l’importance des conditions de croissance et de la date de la récolte sur la qualité des fruits à pleine maturité observées dans les analyses expérimentales. Des conditions non-limitantes (bonne irrigation et exposition lumineuse avec une charge en fruit raisonnable) permettraient d’atteindre la meilleure qualité de fruits possible. Les dates de récolte ainsi que les pratiques de conservation seraient alors sélectionnées en fonction des conditions de croissance et des marchés souhaités. Les récoltes plus tardives sont plus adaptées pour une vente locale avec des fruits de très bonne qualité et au temps de conservation de quelques jours. Alors que des récoltes plus précoces permettent d’obtenir des durées de conservation longues (export, allongement de la mise sur le marché, etc.) avec une légère diminution de la qualité des fruits à maturité.

Même si le modèle « mangue virtuelle » ne permet de prédire que les variations de poids frais, du taux de matière sèche et de sucres tout au long de la croissance et maturation des mangues. L’ensemble des analyses et des modèles produits dans ce travail se présentent comme des outils pertinents pour l’étude et le pilotage de l’élaboration de la qualité des mangues tout au long du continuum pré- et post-récolte.

Mis à jour le 16 novembre 2021