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[MidiSciences 2020] Les défis de l’alerte à la population face aux risques en France à l’ère numérique : une approche spatiale par Esteban Bopp

Publié le 8 janvier 2020 Mis à jour le 23 janvier 2020
Date(s)

le 30 janvier 2020

De 13h à 14h
Lieu(x)
Amphithéâtre 2e01, Campus Hannah Arendt

Pour la 8ème année consécutive, Avignon Université vous propose son cycle de conférences courtes-discussions grand public entre midi et deux.

L’alerte à la population face aux risques majeurs en France se caractérise par un manque d’efficacité. De nombreux événements, lors desquels des individus sont morts faute d’alerte, ont révélé les limites d’un système complexe et peu performant (inondation de l’Aude en 2018, attentats de Nice en 2016, inondation dans les Alpes-Maritimes en 2015, etc.). A l’échelle nationale, l’alerte repose sur des moyens obsolètes et inégalement répartis (les sirènes) tandis que les communes peuvent utiliser les moyens qu’elles souhaitent, ce qui donne une grande hétérogénéité des formes d’alerte aux échelles communales en fonction des volontés politiques et des moyens associés à chaque commune.

Le tournant numérique offre de grandes opportunités pour améliorer l’alerte en France. En 2010, faute d’accord avec les opérateurs téléphoniques, la France ne parvient pas à se doter d’un système d’alerte basé sur la géolocalisation des individus via leur téléphone. En 2016, le gouvernement lance une application smartphone qui est abandonnée deux ans plus tard après de nombreux dysfonctionnements (alerte manquée et fausse alerte) et un nombre de téléchargements insuffisants. Pourtant, fin 2018, l’Union Européenne a adopté un décret obligeant les Etats membres à mettre en place un système d’alerte basé sur la géolocalisation des individus d’ici 2022.
Dès lors, la France a pour obligation de développer un tel système : c’est-à-dire une solution qui envoie un message d’alerte sur le smartphone ou téléphone portable d’un individu qui se trouve dans une zone de danger. Pour ce faire, plusieurs solutions sont envisageables : l’application smartphone, le SMS géolocalisé ou la diffusion cellulaire.

Ma thèse porte sur les incidences spatiales liées à l’apparition de ces nouveaux moyens d’alerte. Le nombre d’individus qu’on peut alerter est-il globalement homogène selon les territoires ? Certains territoires ruraux sont-ils délaissés par ces moyens d’alerte ? Quel est le moyen ou la combinaison de moyens optimale pour avoir le plus grand nombre d’individus "alertables" sur un territoire ? La présentation revient sur des éléments contextuels relatifs à l’alerte en France et aborde les premiers résultats d’une analyse de potentiel des nouvelles technologies pour l’alerte.


Après une Licence de Géographie et un Master en Gestion des Risques Naturels, Esteban Bopp rédige une thèse sur l'alerte à la population à l'UMR ESPACE 7300.

  • Entrée libre et gratuite

Mis à jour le 23 janvier 2020